Neveu (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XI e siècle, nies, nevuld . Issu du latin nepos, « petit-fils », puis « ». Fils du frère ou de la sœur. L'oncle et le . Neveu par alliance, du conjoint. Se dit aussi d'un parent éloigné. Neveu à la mode de Bretagne, fils du cousin germain ou de la cousine germaine . Petit-neveu, Arrière-neveu, Arrière-petit-neveu, voir ces mots. Au pluriel (vieilli). Nos x, nos descendants, la postérité. Titre célèbre : Le Neveu de Rameau, de Denis Diderot (publication posthume en 1821).


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

(féminin NIÈCE.) Fils du frère ou de la soeur". C'est mon . L'oncle et le ."
"Petit-neveu," Le fils du ou de la nièce.
"Neveu à la mode de Bretagne," Le fils du cousin germain ou de la cousine germaine.
Par extension, "Nos x, nos derniers x, nos arrière-neveux," La postérité, ceux qui viendront après nous.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Dans le sens latin, qui n'est plus guère usité, petit-fils.
CORN.: « Avant que d'y périr, s'il faut qu'il y périsse, Qu'il vous laisse un qui le soit de Maurice »
CORN.: « Jusques à souhaiter des fils et des x »
CORN.: « À la postérité vous devez des x »
RAC.: « Rome, dans ton palais [d'Auguste], vient de voir immoler Le seul de tes x qui te pût ressembler »
RAC.: « Et la terre humectée But à regret le sang des x d'Érechthée »
    Au plur. Dans le style soutenu, les x, la postérité, ceux qui viendront après nous.
LA FONT.: « Pourquoi n'ont pas péri ces tristes monuments ? Faut-il qu'à nos x j'en raconte l'histoire ? »
SÉV.: « Je m'en réjouis par avance pour l'intérêt de nos x, qui trouveront un grand goût à ces mémoires »
RAC.: « Votre règne aux x doit servir de modèle »
DIDEROT: « Ô Richardson, si tu n'as pas joui, de ton vivant, de toute la réputation que tu méritais, combien tu seras grand chez nos x, lorsqu'ils te verront à la distance d'où nous voyons Homère ! »
    On dit dans le même sens : derniers x, arrière-neveux.
LA FONT.: « Mes arrière-neveux me devront cet ombrage ; Eh bien ! défendez-vous au sage De se donner des soins pour le plaisir d'autrui ? »
BOILEAU: « Et qu'enfin votre livre aille au gré de vos voeux Faire siffler Cotin chez nos derniers x »
DELILLE: « Que ses derniers x s'arment contre les miens ! Que mes derniers x s'acharnent sur les siens ! »
DELILLE: « Là régneront Énée et ses derniers x, Et les fils de ses fils, et ceux qui naîtront d'eux »

 2   Fils du frère ou de la soeur.
BOILEAU: « Je vieillis, et ne puis regarder sans effroi Les x affamés dont l'importun visage De mes biens à mes yeux fait déjà le partage »
RAC.: « Mon père la [Aricie] réprouve, et, par des lois sévères, Lui défend de donner des x à ses frères »
D'ALEMB.: « Guillaume Dubois, né en 1656, était fils ou , car on n'est pas d'accord sur sa généalogie, d'un pauvre apothicaire de Brives-la-Gaillarde, en Limosin »
    Petit-neveu, le fils du ou de la nièce.
    Neveu à la mode de Bretagne, le fils du cousin germain ou de la cousine germaine.
LE SAGE: « J'ai un maître maquignon, qui est mon à la mode de Bretagne »
VOLT.: « Mon cher à la mode de la Bretagne, car vous l'êtes, et non pas mon cousin, apprenez, s'il vous plaît, à prendre les titres qui vous conviennent »
    Neveu à la mode du Marais, bâtard ; locution qui vient d'un fils naturel que M. de Tresmes avait eu d'une soeur de Scarron, logée au Marais, à Paris.
    Cardinal , cardinal qui est le d'un pape vivant.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XXVIII: Vint i ses niés, ot vestue sa broine [cuirasse]
     ib. CLXXIV: [Ils] Plorent lur filz, lur freres, lur nevolz
     ib. CCI: Pur mon neüd, que [je] voudreie trouver
    XIIème siècle
     Sax. XVIII: Qui son vendi à la gent Herupois
     Rois, p. 202: Fai nus livrer set de ses fiz e des nevoz Saül
WACE: « Cil qui esteit niez, fis devint, Et por mere l'ante [la tante] se tint ; Au nevo fu l'ante livrée »
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Cil dui conte estoient cousin germain et le roi de France »
VILLEH.: « Joffrois de Villehardoin, qui niés estoit Joffroi le mareschal de Champaigne »
BEAUMANOIR: « Li fix de mon frere m'est el secont degré de lignage de costé en avalant, et l'apele on »
    XIVème siècle
ORESME: « Se ses filz ou nevouz ont prosperités ou adversités »
    XVème siècle
FROISS.: « [Mathieu de Gournay] reçut son liement et tous les autres.... l'intention de messire Thomas Bridet estoit telle que d'aller tout droit son chemin.... mais messire Mathieu de Gournay lui dit : Beau nieps, il faut delivrer le pays d'aucuns Bretons »
    XVIème siècle
     Coust. génér. t. I, 395: Item doresnavant ayeul ou ayeule ne pourront prendre la garde noble de leurs nepveux en ligne directe
PASQUIER: « Fut à nos anciens fort familier et frequent, pour la proximité de parentage, le mot de nepveu, non pour le regard de l'oncle, ains de l'ayeul, c'est à dire pour ce que nous disons, par un contour de langage, petit-fils »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. neps, nebs, nebot ; esp. nieto ; port. neto ; ital. nepote, nipote ; du lat. nepos, nepotem, petit-fils, et plus tard . Le vieux français niés, le provençal neps, nebs, est le nominatif, répondant au latin nepos, avec l'accent sur nep ; nevou, , nebot, est le régime et répond à nepotem, avec l'accent sur po. Nepos est parallèle à l'allemand Neffe ; inscription persane, nepa ; zend, naptar ; sanscr. naptri, tous mots qu'Eugène Burnouf rattache au sanscrit nabhi (a accent long ), nombril et race.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE NEVEU. - HIST.
    XIIIème siècle Ajoutez :
     Aye d'Avignon, V. 2669: Por l'amor de lor oncle [ils] ont tuit le roi guerpi ; Por ce dit on encore : ainz venge [vienne] niez que fiz


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Fils du frère ou de la soeur. "C'est mon . Faire du bien à ses x. L'oncle et le ."
"Petit-neveu," Le fils du ou de la nièce.
"Neveu à la mode de Bretagne," Le fils du cousin germain ou de la cousine germaine.
"Cardinal ," Cardinal qui est le du pape vivant.
Dans le style soutenu et en poésie, "Nos x, nos derniers x, nos arrière-neveux," La postérité, ceux qui viendront après nous.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Fils du frère ou de la soeur. "C'est mon . Faire du bien à ses x. L'oncle et le ".
On appelle "Petit - ," Le fils du neveu; et "Neveu à la mode de Bretagne," Le fils du cousin germain ou de la cousine germaine.
On appelle "Cardinal ," Le Cardinal qui est du Pape vivant.
On dit, "Nos x," dans le style soutenu et en Poésie, pour dire, La postérité, ceux qui viendront après nous.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Fils du frère ou de la soeur. "C'est mon . Faire du bien à ses x. L'oncle & le ."
On appelle "Neveu à la mode de Bretagne," Le fils du cousin germain ou de la cousine germaine. Et, "Petit ," Le fils du . "Il est votre petit ."
On appelle "Cardinal ," Le Cardinal qui est du Pape vivant.
On dit, "Nos x," dans le style soutenu & en Poësie, pour dire, La postérité, ceux qui viendront après nous.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

[1re "e" muet, 2e dout. au sing. lon. au pluriel. "Neveux".] Fils du frère ou de la soeur. 'C'est "mon ". = "Neveu à la mode de Bretagne". (st. famil.) Fils du cousin germain, ou de la cousine germaine. = "Petit ", le fils du . = Poétiquement, "nos x", la postérité, ceux qui viendront après nous: jusqu' à "nos derniers x". = * "Corneille" apèle "Cinna" un " de Pompée". Il était son petit-fils. On ne se servirait pas aujourd'hui de cette locution, qui est un latinisme.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Fils du frere ou de la soeur. "C'est mon neveu. il a fait du bien à ses x. l'oncle & le neveu".
On appelle, "Neveu à la mode de Bretagne," Le fils du cousin germain, ou de la cousine germaine. Et, "Petit ," Le fils du . "Vous estes son grand oncle, il est vostre petit ".
On appelle, "Cardinal ," Le Cardinal qui est du Pape vivant.
On dit, "Nos x," dans le genre sublime, & en poësie, pour dire, La posterité, ceux qui viendront aprés nous. "Que diront nos x? cela passera jusqu'à nos derniers x".




Emplacement dans le dictionnaire :

neutraliser
neutralité
neutralite
neutre
neutron
neuvaine
neuvième
neuvièmement
névé

névralgie
névralgique
nevrasthénique
névrite
névritique
névrologique
névropathe
névropathie
névroptère
névrose
névrotique




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Edmond ROSTAND (Cyrano de Bergerac)

...entrer. Mais les bons pères, je m'en charge ! ... ils peuvent me cacher dans leur manche : elle est large. -ce sont les capucins qui servent Richelieu chez lui ; redoutant l'oncle, ils craignent le neveu. - on me croira parti. Je viendrai sous le masque. Laissez-moi retarder d'un jour, chère fantasque ! ... Roxane mais si cela s'apprend, votre gloire... De Guiche bah ! Roxane mais le siège,...


Citation n°2 de Edmond ROSTAND (Cyrano de Bergerac)

...il vient faire le fier ! Un Autre comme si l'on portait du linge sur du fer ! Le Premier c'est bon lorsqu'à son cou l'on a quelque furoncle ! Le Deuxième encore un courtisan ! Un Autre le neveu de son oncle ! Carbon c'est un gascon pourtant ! Le Premier un faux ! ... méfiez-vous ! Parce que, les gascons... ils doivent être fous : rien de plus dangereux qu'un gascon raisonnable. Le...


Citation n°3 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...qui ouvrit la porte. -on vient veiller ! Cria-t-il de toutes ses forces en homme qui annonce une grande nouvelle. Derrière lui entra un inconnu qui saluait et souriait avec politesse. -c'est mon neveu Lorenzo, annonça de suite Ephrem Surprenant, un garçon de mon frère Elzéar, qui est mort l'automne passé. Vous ne le connaissez pas ; voilà longtemps qu'il a quitté le pays pour vivre aux...


Citation n°4 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...causer avec d'autres gens venus de loin ? Il y avait nombreuse compagnie chez Ephrem Surprenant : plusieurs habitants du village d'abord, puis les trois français qui avaient acheté la terre de son neveu Lorenzo, et enfin, à la grande surprise des Chapdelaine, Lorenzo lui-même, revenu encore une fois des états-unis pour quelque affaire se rapportant à cette vente et à la succession de son père....


Citation n°5 de René BOYLESVE (La Leçon d'amour dans un parc)

...d'inviter plusieurs parents et quelques personnes des environs, qui vinrent en équipage ou en chaise, selon leur goût ou leurs moyens. Madame De Matefelon vint de Rochecotte avec son petit-neveu le chevalier Dieutegard. Madame De Châteaubedeau vint avec son jeune fils. Deux cousins du marquis, Mm. De La Vallée-Chourie et De La Vallée-Malitourne, amenèrent chacun leur femme. Un...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...